STAGE PERFORMANCE PISTE AU PORTUGAL

En ce début janvier, toute l’équipe du Pôle Espoir de Paracyclisme est sur les starting-blocks. En effet, cette année ne sera pas comme toutes les autres. Elle sera différente, intense, riche en déplacements, en compétitions et décisive pour nos jeunes polistes qui travaillent dur depuis plusieurs mois voire années pour décrocher leur fameux ticket pour les Jeux Paralympiques à Tokyo en août/septembre prochain.
Ces dernières semaines le rythme s’est accéléré pour les deux polistes, Alexandre et Dorian, qui ont été sélectionnés pour défendre les couleurs de notre nation lors des Championnats du Monde UCI de Paracyclisme sur piste à Milton au Canada dès le 30 janvier prochain. Par conséquent, après un stage de préparation physique organisé par Xavier pour les deux athlètes concernés durant la semaine du passage au nouvel an, nos quatre pistards du pôle sont arrivés le samedi 4 janvier au vélodrome d’Anadia au Portugal pour un stage performance sur piste. Alors qu’il ne devait durer qu’une semaine, nous avons décidé de le prolonger de 5 jours. En effet, les conditions optimales de travail avec des infrastructures de haut niveau, un accueil chaleureux et la bienveillance des portugais, le tout agrémenté d’une météo ensoleillée, nous ont poussé à poursuivre notre préparation au Portugal plutôt que de remonter en France. Pendant ces quinze jours, nous avons eu la chance de côtoyer et de travailler avec différentes personnes passionnées par leur métier et riche d’enseignement et de partage. 
Nous avons pu travailler et partager une sortie sur route avec l’équipe de France endurance piste valide. Nous en profitons pour remercier toute leur équipe pour leurs conseils avisés et leur professionnalisme. Nous avons également croisé l’équipe Québécoise valide et enfin le team paracycliste espagnol managé par notre ami Felix avec qui nous avons pu partager nos expériences et nos savoirs. 
Pour finir, nous avons eu la chance de pouvoir collaborer avec Aerocoach, une entreprise britannique spécialisée dans l’aérodynamisme et le positionnement. Leur expertise n’est plus à prouver grâce à leur collaboration au niveau international avec de nombreuses nations et la plupart des meilleurs paracyclistes mondiaux renforçant ainsi leur connaissance des problématiques liées au handicap. Leurs conseils ont été une réelle mine d’or d’informations lors de notre rencontre. Nous avons donc pu adapter et valider les positions des deux polistes sélectionnés pour les Championnats du Monde suite à divers tests, analyses et échanges. Au-delà des journées d’entraînement intensif, nous avons pu profiter de quelques moments de répits pour partir à la découverte de la culture portugaise, plus particulièrement à Porto. Ces instants de détente ont été indispensables pour l’équipe, pour se ressourcer et s’amuser avant de reprendre les entraînements.
Grâce à ce stage, Alexandre et Dorian ont pu parfaire leur préparation à 15 jours de leur premier objectif de la saison avec des signes très prometteurs, tandis que Noah et Théo ont pu se perfectionner dans la discipline.

Retrouvez l'ensemble des photos du stage.

 

Manchester Paracycling International : en piste pour les Mondiaux 2020 !

Comme l’an dernier, l’épreuve de Manchester constituait un bon test à deux mois des championnats du Monde de Paracyclisme sur piste prévus à Milton (Canada) fin janvier 2020. Riche en enseignement, les deux polistes engagés ont décroché leur sélection pour le prochain rendez-vous mondial.

Alexandre Léauté confime son niveau mondial. Un peu en deça de nos prévisions sur la poursuite (3’52), Alexandre a été surprenant sur le kilomètre (1’13’’9). « J’ai débuté la compétition sur une très bonne performance au kilo. J’améliore mon record personnel de plus d’une seconde ce qui me permet d’envisager un top 5 au niveau mondial. Sur la poursuite, je n’ai jamais été dans le rythme. Même si je fais un meilleur temps en final, je suis déçu car mes chronos réalisés dernièrement étaient bien meilleurs. On va analyser avec Christophe, mon entraîneur, les raisons de cette contre performance », commentait Alexandre à l’issue de ce week-end.

Dorian remporte le scratch. Avec 1’08 sur le kilomètre et 4’42’’ sur la poursuite, Dorian est dans les mêmes temps que l’an dernier mais avec un mois de préparation en moins. Il réalise une nouvelle fois, un très bon scratch tactiquement malgré une forte opposition britannique. « J’aurais aimé faire mieux sur le kilomètre mais un problème de bloc m’a obligé à refaire un départ. J’y ai laissé des forces, dommage. Sur la poursuite, je visais les 4’38 mais la piste ne rendait pas autant que l’an dernier. Je me réjouis tout de même d’avoir remporté le scratch car les deux anglais avec qui je me suis échappé, font partis des meilleurs mondiaux », déclarait Dorian.

Cet événément marque le début d’un nouveau cycle pour les urtois qui visent des podiums aux mondiaux canadiens comme nous le confia Christophe Dizy leur entraîneur, « J’avais hâte de connaître leur niveau actuel car même si nous avions quelques références, l’entrainement ne remplacera jamais une compétition. Nous sommes dans les clous par rapport à mes prévisions même si j’ai été agréablement surpris par la performance de Alexandre sur le kilo. En réussissant les minima, ils vont surtout pouvoir se préparer sans pression. Il nous reste deux mois de travail avec des stages dont l’un se déroulera en janvier au Portugal. De quoi les mettre dans les meilleures conditions avant les Championnats du Monde ».

Retrouvez le résumé de chaque journée sur notre page Facebook.

 

Championnat du Monde UCI route de Paracyclisme à Emmen : Alexandre Champion du Monde 2019 !

Après 4 ans d’existence, le Pôle Espoir de Paracyclisme est déjà récompensé de son travail par un titre mondial ! Alexandre met fin à 12 ans de disette dans le camp français dans la catégorie C (Cycle / Solo) depuis la victoire de David Mercier (MC5) aux mondiaux de Bordeaux 2007, c’est dire l’exploit réalisé par le prodige urtois.

Suite à une épreuve mouvementée et animée, les aspects tactique et technique ont eu leur importance et Alexandre a parfaitement maitrisé son sujet. « La course a été très nerveuse et il y a eu des chutes à répétition. J’ai couru le plus possible à l’avant même si j’y ai laissé des forces. Les conseils que j’ai reçu pour aborder cette course ont été précieux et j’ai tout fait pour les appliquer. J’ai tenté de sortir à 5 km de l’arrivée mais le peloton a réagi. Du coup, j’ai attendu le sprint que nous avions prévu difficile. J’ai tout donné à l’entrée du parc pour suivre les C3 et éviter les chutes. J’ai remporté le titre et j’ai mis du temps à réaliser. » déclara Alexandre après la ligne.
Favori à l’issue de ses deux victoires en Coupe du Monde, le poliste qui fêtera ses 19 ans dans un mois, n’a pas tremblé face aux coureurs expérimentés. Il a au contraire démontré qu’il était capable de gérer la pression lors du plus grand rendez-vous international de la saison. « Au fond de moi, j’espérais remporter le titre mais le circuit manquait de difficultés pour que je puisse faire la différence comme au Canada car je suis plus à l’aise dans les bosses. J’ai la chance d’avoir travaillé le sprint et la piste avec mon entraîneur pour que je puisse performer sur tous les terrains. Je venais pour un podium, je repars avec une médaille d’or et le maillot arc en ciel, ce n’est que du bonheur ».
Ce titre récompense l’assiduité et la rigueur d’un garçon sérieux aussi bien scolairement que sportivement. « Cette première année au pôle espoir m’a beaucoup apporté. J’ai mûri plus vite et j’ai appris comme nulle part ailleurs. Je remercie bien sûr toutes les personnes qui m’ont soutenu dans mon projet et en particulier Céline, pour sa gestion quotidienne, Christophe mon entraîneur à qui je dois ce titre et ma famille qui fait d’énormes sacrifices ». 

Dans les autres catégories, Dorian Foulon (MC5) a manqué le podium de peu. Après une course aux avants postes, il a réussi à se glisser dans un bon groupe de contre. Malheureusement, il a été victime d’une faute de deux adversaires qui l’ont déséquilibré lors du sprint final. Déchaussant, il a évité la chute de justesse et malgré tout, il est venu « mourir » à quelques mètres du podium en 5ème position. « Je suis bien évidemment déçu de cette place mais c’est aussi ça le vélo. Mon année paracycliste se termine avec des hauts et des bas. Même si je n’ai pas réussi à monter sur le podium, je suis très heureux pour mon camarade, Alexandre qui offre au pôle ce 1er maillot. Après une coupure de quelques semaines, je vais reprendre l’entrainement, plus motivé que jamais, avec le mondial piste de Paracyclisme en ligne de mire dès janvier 2020 ».

En MT1, David a réitéré sa place de 6ème. « C’est parti très vite et je n’ai pas pu suivre les meilleurs. J’étais mieux sur la fin mais j’avais déjà pris beaucoup de retard. Avec mes deux places de 6ème, j’ai aussi prouvé que j’étais un des plus réguliers », souligna David.

La saison route s’est terminée à Emmen avec un résultat exceptionnel grâce au benjamin de l’équipe de France qui est aussi le seul français à ramener une médaille. Le Pôle Espoir de Paracyclisme conclue son palmarès 2019 handisport avec 1 titre mondial et 6 titres nationaux.

Crédit photos : Jbbfoto / Celine Aujard

Dorian Foulon, vers de nouveaux horizons...

Suite à ses très bons résultats de début de saison, Dorian Foulon vient d’intégrer l’équipe amateur de la CAJA RURAL & SEGUROS RGA (réserve de l’équipe professionnelle). Menant un double projet sportif, le coureur paracycliste a accepté de répondre à nos questions à 15 mois des Jeux Paralympiques de Tokyo.

Bonjour Dorian, depuis quelques semaines, tu portes les couleurs de la CAJA RURAL, peux-tu nous expliquer pourquoi cette mutation en cours de saison ?

Bonjour, pour tout vous dire, la Caja Rural me suit depuis les années juniors mais jusqu’à présent les responsables de l’équipe n’avaient pas concrétisé leur idée. Suite à mes résultats sur l’essor basque et sur les premières courses élites nationales, ils m’ont contacté pour savoir si je souhaitais les rejoindre.

Comment s’est passé cette transition avec ton club actuel ?

Tout simplement car nous cherchions avec Christophe DIZY, mon entraîneur, une équipe solide en mesure de m’aider à progresser. Les dirigeants d’Urt Vélo 64 ont tout mis en œuvre pour que je puisse trouver cette structure et ils m’ont aidé dans cette démarche.
J’en profite également pour remercier le comité départemental des Pyrénées Atlantiques et les bénévoles de l’Entente 64 avec qui j’ai pu participer à de belles épreuves.

Tu restes donc attaché à ton club handisport, Urt Vélo 64 ? 

Oui plus que jamais. Je suis toujours pensionnaire du Pôle Espoir de Paracyclisme et licencié en handisport à Urt. J’y suis d’autant plus attaché que je suis bénévole au sein du club. Je participe à des actions au profit d’établissements spécialisés ou à des sensibilisations en milieu scolaires ou périscolaires.

Ca n’a pas dû être facile d’arriver dans cette équipe alors que la saison est bien lancée ? Quel est ton rôle ?

Mon seul problème aujourd’hui, c’est la barrière de la langue (rire). Je ne parle pas un mot d’espagnol mais je m’adapte. Sur le vélo, je n’ai pas de souci car tout ce fait par automatisme et naturellement. J’ai plus de difficultés aux débriefings mais c’est aussi une bonne méthode pour apprendre vite.
Pour l’instant, je suis équipier. L’équipe dispose de 4 ou 5 coureurs capables de gagner sur tous les terrains. Je suis le rouleur/sprinter du Team. Ce que j’apprécie, c’est que l’équipe m’a déjà accordé ma chance et que les leaders ont roulé pour moi.

Quels sont tes derniers résultats ? Quels sont tes prochains rdv chez les valides ?

Depuis le mois d’avril, mon calendrier est assez dense. Après une coupure, j’ai repris avec des courses de deuxième catégorie. J’en ai gagné deux début mai puis j’ai participé aux deux premières manches de Coupe du Monde de Paracyclisme sur lesquelles j’ai obtenu deux podiums. A mon retour, j’ai honoré une sélection régionale sur la Ronde de l’Isard mais je suis tombé lourdement lors de la 1ère étape ce qui m’a contraint malheureusement à abandonner. J’ai mis deux semaines à m’en remettre avant un gros bloc de courses avec la Caja Rural en Espagne. 
Je suis passé du rôle d’équipier à coureur protégé sur des courses convenant à mon profil. J’ai fait 4ème et 6ème en Cantabrie et à Burgos, ce qui m’a mis en confiance. A l’issue de mon périple, j’ai gagné la nocturne de Morcenx lundi dernier. 
Je termine bientôt un bloc et après une nouvelle coupure je vais me concentrer sur le mois d’août qui pourrait être très attrayant et important dans la préparation aux championnats du monde de Paracyclisme au Pays-Bas qui reste l’objectif de ma saison.

En choisissant de partir en Espagne, tu suis les traces de quelques français qui sont passés professionnels, à l’image de Cyril Barthe l’an denrier et de Loïc Chetout entre autres ?

Oui, effectivement, peu de français sont repérés par des équipes espagnoles amateurs et je mesure la chance que j’ai. Je suis le 1er français de l’histoire de la Caja Rural amateur à intégrer l’équipe. Je ne suis pas dans l’optique de passer pro pour l’instant. Je veux surtout apprendre, pouvoir participer à de belles et grandes courses et par dessus tout me faire plaisir sur un vélo. Les meilleurs coureurs mondiaux en Paracyclisme sont dans des équipes professionnelles, je sais donc ce qu’il me reste à faire.
Il ne faut pas oublié que je reste licencié en France et au cercle aquitain. Je suis donc sélectionnable en équipe régionale comme ce fut le cas sur la Ronde de l’Isard. Les CTR François Trarieux et Thierry Gault m’ont fait confiance, tout comme le président Vincent Dedieu. Le calendrier espoir est très intéressant et j’espère avoir encore l’honneur de porter les couleurs de ma région d’adoption.

L’équipe Arkea, te soutient dans ton projet handisport ? De quelle manière ?

Le soutien est avant tout matériel. J’ai eu le privilège de participer à un stage de début de saison avec l’équipe. Emmanuel Hubert, le manager général est à l’écoute et il suit mon parcours avec intérêt. Je leur suis très reconnaissant.

Quels sont tes objectifs à court et moyen terme en Paracyclisme ?

Comme je l’ai dit, les championnats du monde sur route en septembre puis l’hiver sera consacré à la préparation des mondes piste en janvier. Ensuite, ce sera la dernière ligne droite avant les Jeux Paralympiques pour lesquels j’espère être sélectionné.